Bienvenue ! Ce blog vous fera partager quelques impressions de photographie, d'architecture, d'histoire...Au fil des mes promenades.
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dimanche 8 avril 2012

Résonances : série abstraite et onirique




Un article avec peu de textes mais beaucoup de photos ! Il s'agit d'une série de photos que j'avais mises en parallèle pour un concours (perdu...). Ce sont des photos de jeunesse disons, une sorte de bilan, toutes en argentique. L'argentique renforce les effets de matières et met en valeur le grain, la matérialité de la photographie. 

Les photos étaient divisées en trois parties (dans l'ordre) : fugue, nature morte, fondus enchaînés.

J'avais dénommé cette série "résonances" et depuis cette impression ne me quitte plus. Elle est inspirée de Kandinsky : 

"Le monde est rempli de résonances. 
Il constitue un cosmos d'êtres exerçant une action spirituelle. 
La matière morte est un esprit vivant" 
("Sur la question de la forme" in Regards sur le passé, 1911-1912). 

C'est cette matière vivante, cette peau des surfaces et des lignes, cette vibration organique des choses inanimées que je souhaite traduire en photo. Des espaces vides, le temps suspendu, les ombres et les reflets, la résonance des couleurs, des images spéculaires. Une pure forme mentale, un réel transfiguré, onirique. 

Tout un programme ! Fini de parler, je vous laisse seuls avec ces images. Les lieux et la nature réelle des sujets photographiés ne sont pas très importants; mais si vous êtes curieux, n'hésitez pas à me laisser un message!































































lundi 27 février 2012

Matières et motifs méditerranéens en noir et blanc : Bandol 2.



Cliquer sur la photo pour le diaporama

Avant de revenir à l'architecture proprement dite (on parlera bientôt gothique), je voulais prolonger mon précédent article sur les paysages méditerranéens. Je vous propose cette fois-ci une version en noir et blanc qui révèle les effets de matières comme dans le sentier "escalier" ci-dessus. Là encore mon terrain d'essai, ma porte d'entrée dans l'esthétique méditerranéenne, est Bandol dans le Var. Sous un soleil zénithal, le noir et blanc accentue l'aridité de la lumière et de la végétation.








Le noir et blanc révèle la substance et les formes organiques d'une végétation sèche et tentaculaire. C'est un peu un hommage à Edward Weston, photographe américain qui cadre un coquillage ou une laitue comme un nu féminin. Il sublime les formes simples, pures et sensuelles. 








L'autre maître de la matière en noir et blanc c'est pour moi Sebastiao Salgado auquel la BNF avait consacré il y a quelques années une magnifique exposition. Si Weston est dans les formes pures, le travail de Salgado se concentre davantage sur la confrontation entre homme et matière à laquelle il donne des accents tragiques. A voir surtout le caractère presque infernal de ses séries sur les mines d'or de la Serra Pelada et sur les puits de pétrole du Koweït



Ce qui m'intéressait dans ces photos de végétation méditerranéenne, c'était de rendre la plante presque animale, vivante et figée à la fois. La recherche sur les matières en noir et blanc offre un effet réaliste, une matérialité concrète, presque clinique, tout en décollant vers l'abstraction. Entre minéral et végétal, une goutte d'eau parfois suffit pour donner du relief à cette matière inerte. 






Réalisme et abstraction, c'est d'ailleurs l'effet recherché sur cette photo par la répétition du même motif et le contraste lumineux.




Les roches, les pierres, brutes ou travaillées, sont un bel objet photographique captant la lumière et exposant leur matérialité. Sur ces deux photos suivantes, j'étais intéressée par leur effet rocailleux commun. En même temps les deux photos sont presque opposées, comme si l'une était le négatif de l'autre, encore non révélé. 







Vous aurez peut-être remarqué que mes articles finissent souvent par une vision nocturne un peu inquiétante. Ces deux dernières photos prises au bord de la mer la nuit ne dérogent pas à la règle ! 





jeudi 19 janvier 2012

Barcelone : étrangetés, répétitions et abstractions







Après plusieurs billets sur l'architecture des villes, je vous propose cette fois-ci un article très photographique. Barcelone est une ville un peu chaotique, foisonnante, excessive. J'y ai eu de belles surprises architecturales dont je vous reparlerai bientôt (Sagrada Familia, Gaudi, Parc Güell et bien-sûr la fondation Mies van der Rohe présentée dans mon article récent). Mais comme cela m'arrive souvent, j'ai été aussi attirée par les vitrines des magasins...




....non pas pour regarder les vêtements, mais plutôt pour les mannequins, les couleurs, la mise en scène et les décors. Les vitrines de Barcelone étaient plus inventives que celles de Paris : caméras et boulons y côtoient des mannequins à la Giorgio de Chirico!










Dès mes débuts en photographie, j'ai été attirée par les reflets et les effets de superposition de différents plans. Les vitrines offrent souvent des jeux de lumières et de couleurs très vives. Un plan rapproché ou un gros plan sur le détail d'une vitrine permet d'extraire le sujet de son contexte (le magasin, une rue commerçante) pour tendre davantage vers l'étrangeté, l'absurde voire vers l'abstrait.








Je retiens de ces photos, prises il y a 3 ou 4 ans dans des lieux très différents de la capitale catalane, une recherche de la répétition, la régularité dans les formes, l'uniformité des couleurs. 







Ces photos reflètent ce que je recherche avant tout dans la photo, disons ma "quête" photographique (c'est un peu épique...) : un ancrage dans le réel et en même temps une capacité d'abstraction; par le choix du cadre, la photo peut se détacher du contexte et rejoindre des effets picturaux, tout en gardant le réel comme matériau de départ.




Les mannequins m'attirent beaucoup : c'est un jeu spéculaire sur le faux et le semblable, le double, l'inanimé. Je vous en avais déjà montré un mannequin bleu intrigant lors de mon premier article. Ceux ci-dessous me rappellent la mélancolie et le sentiment de malaise des tableaux de Giorgio de Chirico.  






 J'espère que ces quelques photos plus abstraites que d'habitude, un peu surréalistes, auront stimulé votre imaginaire!


samedi 3 décembre 2011

Résonances ? En quelques mots…




Bercy, 2005
(Cliquer sur la photo pour le diaporama).


Regarder, flâner, ressentir l’identité d’un lieu, rechercher les traces de son passé, scruter les détails de son architecture, en capturer un instantané : voici quelques activités simples, mais qui traduisent un profond ressenti, une résonance intérieure. Ce blog naît de l’envie d’en partager l’émotion. Il naît aussi de l’envie de conjuguer le métier d’historien, la pratique de la photographie et la passion pour les formes esthétiques que ce soit l’architecture, la peinture ou la danse.



Sagrada Familia, Barcelone, 2008.

Pourquoi résonances ?
C’est avant tout mon rapport aux formes : c’est une émotion, la vibration des choses inanimées, une sensation qui dépasse largement les cadres conceptuels. La résonance c’est aussi l’écho d’un passé qui à travers les lieux peut nous sembler familier mais aussi qui nous interpelle parfois par son étrangeté, sa distance.
Voici pour une présentation peut-être un peu théorique mais sincère.



Panthéon, Rome, 2006. 


De quoi s’agit-il concrètement ?
Ce blog me permet avant tout de présenter, sous une forme ludique, mes propres photographies. A partir de là, j’essaierais (sans prétention aucune !) de présenter les différents jeux du langage architectural. Pour moi ce langage n’est jamais figé, il est reconstruit par la photographie et semble en mouvement selon le point de vue. D’où des passerelles avec la danse, le cinéma, le rapport au corps.



Ancienne chapelle du collège des Jésuites (XVIIe), Nîmes, 2010. 

Et puis, il y aura la recherche de traces, comme le propose l’historien Carlo Ginzburg, traces d’un patrimoine mais aussi d’une existence, d’un vécu et d’un ressenti passés et présents. Au-delà des photos, j’espère donc vous faire partager mes découvertes : livres, expositions, revues, danse, sites…





Pavillon Van der Rohe, Barcelone, 2008. 


Mais où va-t-on ?
Bien sûr les grands chocs esthétiques, comme Rome ou Venise, ne manqueront pas à l’appel. Mais il y aura aussi des petits plaisirs quotidiens : marcher dans une rue, scruter des détails en apparence anodins. Dans ce blog il sera beaucoup question de l’Italie, du Sud-Ouest de la France et des Pays-Bas. Mais aussi de Barcelone, de Bruges, d’Orvieto, d’Avignon, de Nantes, de Nîmes…On passera de Paris au village de Capitignano dans les Abruzzes ; Bernini et Van der Rohe se côtoieront sans problème. Et puis il y aura des lieux plus abstraits, ceux de l’imaginaire.


Florence, 2007. 


Sagrada familia, Barcelone, 2008.

Les thèmes se conjugueront au fil de l’intuition et des envies.
J’espère vous faire voyager : n’hésitez pas à commenter !



Bandol, 2010.

A suivre : entre fleuve et mer, impressions bordelaises...